Fiche #3 – Béatrix Xarren

Je me disais que ça faisait un petit moment que je ne vous avais pas partagé une fiche d’un forum de jeu de rôle ! Je suis depuis quelques mois sur Elemental Skin , que je vous recommande à 100%. Il ne s’agit pas d’un univers médiéval fantasy mais bel et bien moderne, ce qui m’a demandé pas mal d’efforts d’adaptation.

Bien entendu, l’univers d’Elemental Skin appartient à ses créateurs.

J’ai décidé d’essayer un tout nouveau format de fiche et d’écriture, et j’espère qu’il vous plaira.

 

Béatrice Xarren

Défendre la veuve et l’orphelin? Oh, si vous saviez..

 

Mon nom complet est Béatrice Xarren mais on m’appelle plus simplement Béatrix. Je suis né le 17 juillet et j’ai donc 26 ans. À l’origine, je viens du Canada et je vis à Stonehaven. La ville m’a tendu les bras depuis mes vingt deux ans. Je connais la Quintessence.

À Stonehaven, je suis avocate. Je vis à Fetteresso.

Composition :

15% Terre
55% Eau
18% Air
12% Feu

Groupe souhaité : Elemental Skin de l’Eau

Description physique

« Vous cherchez une avocate pleine de talents et de surprises ? N’hésitez plus, rendez-vous au cabinet Xarren de Fetteresso ! Spécialiste en droit des familles, des personnes et de leur patrimoine mais tout à fait apte à vous protéger dans tous types d’affaires. Rapide et efficace, rendez-vous à mon bureau au 7 Avenue de la Jardinerie.  ».
L’affiche est placardée sur un mur aux pierres usées et recouvertes d’une mousse verdâtre, ballotée par le vent. L’encadré est simple, concis, entouré de sublimes accolades et décorations fantasques colorées, contrastant avec le sérieux de la proposition qui vous est faite. Une avocate aux idées farfelues, vous préférez éviter. Elle serait capable de vous mettre dans le pétrin en s’abandonnant à sa folie. A votre droite, exactement le même tract, et vous vous rendez vite compte en longeant la rue que l’entière façade est tapissée autant en longueur qu’en largeur. Alors que votre attention était portée sur la partie haute de la ville, vous remettez les pieds sur terre, et c’est peu dire : des étoiles bleutées semblent vous indiquer un chemin. Vous vous grattez la tête : cette jeune femme – si c’en est une et qu’il ne s’agit pas d’un traquenard pour piéger les bons citoyens – n’a aucun bon sens. Vous hésitez pendant quelques secondes, grattant votre menton. Vous aimeriez éviter de vous jeter dans la gueule du loup, pourtant quelque chose ne tourne pas rond dans votre raisonnement et pique votre intérêt.C’est décidé, vous en aurez le cœur net. Après tout, vous n’aviez rien de particulier de prévu aujourd’hui, n’est-ce pas ? Sinon vous ne perdriez pas votre temps à courir après une apparition si tordue qu’elle paraîtrait plus probable s’il s’agissait d’une hallucination. Ce n’est pas la première fois que vous vous baladez en ville, pourtant cette jeune femme ne vous dit strictement rien. Comme si elle avait surgi de nulle part ! Vous respirez un grand coup, avant de suivre les étoiles avec méfiance.

La porte du cabinet se présente enfin à vous et… que dire de cette sensation qui s’empare de votre être, à mi-chemin entre la déception et l’hilarité ? A vrai dire, vous vous disiez sans doute qu’une telle publicité ne pouvait mener qu’à un cirque ambulant, et vous vous retrouvez pourtant devant un bâtiment somme toute classique. Quelques familles au rez-de-chaussée qui vous adressent un sourire alors que leurs enfants dévalent les escaliers à grande vitesse, manquant de trébucher et de se prendre la poignée en pleine figure, un vieil homme ayant bien dépassé la soixantaine qui cligne fréquemment d’un œil, et le bruit ambiant d’un marché non loin vous font relativiser sur la situation. Ce n’est peut-être pas si terrible que ça.

Arrivé à son palier, vous toquez une fois. Aucune réponse, pas même un bruit de pas. Une deuxième fois. Le silence règne. Une troisième fo.. « Oh un client ! Je suis vraiment navrée, j’ai oublié de prévenir que je quittais momentanément mon cabinet. Mais maintenant je suis là, je vais vous ouvrir. ». Vous n’avez pu retenir un sursaut lorsque sa voix s’est élevée dans votre dos. Vous avalez votre salive et décidez de poursuivre, sans parvenir à détacher vos yeux de cette demoiselle.

Jeune. C’est le premier mot qui vous vient à l’esprit. Elle semble danser à chacun de ses pas, élégante, pleine de grâce, si aérienne qu’elle paraîtrait flotter au-dessus du sol. La jeune femme est relativement fine, notamment au niveau de ses jambes, perchées sur de hauts talons. Alors qu’elle se penche en avant pour déposer les affaires qu’elle vient de récupérer dehors, vous remarquez une légère cicatrice le long de son mollet droit. Guérie, mais encore visible quand on s’y attarde, mais vous n’avez pas encore fait le tour du personnage. Ses vêtements sont ceux d’une femme de la ville : courts, stylisés à l’aide de nombreux bijoux, suivant une tendance qui bouge au fil des jours. Une longue et épaisse chevelure ondulée couleur opale blanche s’étend en cascade jusqu’à la chute de ses reins tandis qu’elle replace un épais chapeau en feutre noir de jais sur son crâne. Et enfin, lorsqu’elle se retourne après s’être assise à son bureau, son visage, étiré par un sourire espiègle, vous retire toute inquiétude. Cette aura de bienfaitrice l’entoure, enveloppe les inconnus dans un cocon de chaleur. Et c’est au moment où vous serrez sa douce main que vous vous rappelez : vous devez trouver une raison à votre visite.

Description mentale

… Et c’est au moment où vous serrez sa douce main que vous vous rappelez : vous devez trouver une raison à votre visite.

« Je suis vraiment navrée. J’ai tendance à être tête en l’air… ». Elle fouille dans les papiers éparpillés sur son bureau, tentant de remettre la main sur le contrat qui pourrait bien vous concerner. Vous le sentez, elle cherche à replacer votre échange dans son contexte. La pauvre n’y parviendra point si vous poursuivez votre comédie. Tout à coup, elle se reprend. « Enfin, tête en l’air, c’est un grand mot ! Sachez que je ne perdrais jamais de vue l’objectif que nous nous fixerons dés lors que vous m’aurez expliqué ce qui vous amène chez moi. ». Elle se lève, poussant son fauteuil d’un geste de main calculé. « Un café ? ».

Vous hochez vaguement la tête, sans doute plus par politesse que par véritable soif. Béatrice semble profondément aimable. Vous oseriez dire qu’elle ressent votre panique, votre appréhension, et qu’elle tente par tous les moyens de l’apaiser. Un sourire nait sur vos lèvres encore tremblantes. L’avocate respire la candeur et l’altruisme, le profond désir d’aider autrui à se sortir du pétrin. Certains diraient qu’elle s’est sans doute trompée de métier : être avocate inclut de protéger les malfrats, d’aller à l’encontre de ses principes pour, ne pas faire régner la justice, mais défendre celui qui a mis sa vie entre vos mains. Pourtant, cela ne semble pas lui poser de problème, alors qu’elle verse le breuvage dans une tasse posée devant vous.

Elle se rassoit, replaçant sa chevelure derrière son oreille. « N’ayez pas peur de vous confier à moi, quand bien même vous auriez quelque chose à vous reprocher. Je ne suis personne pour vous juger. Tout le monde fait des erreurs, l’essentiel est de s’en rendre compte. ». Sa voix est enjouée, harmonieuse. Vous devinez à son regard qu’il est sans doute rare que quelqu’un se rende dans son cabinet de sa propre initiative. Elle brûle d’excitation, ses yeux brillent d’émerveillement. L’idée de résoudre une nouvelle enquête l’enivre. Le silence ne peut plus durer ainsi, l’attente a déjà été bien trop longue. Si vous mentez, elle le saura. Elle a déjà vu assez de gens la prendre pour une idiote pour ne pas comprendre votre petit manège.

« Je.. Je suis désolé de vous avoir dérangé, mais je n’ai pas de problèmes en particulier. Je sais que cela va vous paraître étrange, mais vos affiches m’ont intriguées et j’ai décidé de suivre vos indications. Je ne sais pas ce que je m’attendais à trouver, et je n’ai sans doute pas respecté votre métier. Je m’en excuse, je vais quitter les lieux à présent. ». Son sourire faiblit, mais ne disparait point pour autant. Alors que vous vous levez, elle vous rattrape en posant une main sur votre épaule. Tout compte fait, elle n’est pas si contrariée. « Maintenant que vous êtes là, pourquoi vous ne passeriez pas un peu de temps en ma compagnie ? Nous ne sommes pas obligés de parler tout le temps de travail. ». Un rire cristallin s’échappe de sa gorge, faisant vibrer ses cordes vocales. « Bien sûr, si quelqu’un arrive, je vous demanderais de quitter les lieux… Ou mieux, je vous ferais passer pour mon assistant ! Qu’en dites-vous ? ».

Sans trop savoir pourquoi, vous acceptez. L’après-midi est agréable. Vous riez aux éclats, elle s’arrête pour relire ses documents, vous discutez d’affaires et d’autres. Béatrice est bonne vivante, toujours de bonne humeur, mais ô combien sérieuse dans ses procès. Elle déteste les mensonges, l’ennui de la vie quotidienne, et est une artiste à ses heures perdues. Et c’est à force de sauter d’un sujet à l’autre que vous en venez à celui qui deviendra le plus épineux de tous. « Pourquoi avez-vous décidé de faire ce métier, Madame Warren ? ». « Oh je vous en prie, appelez moi Béatrice. Tout a commencé quand… »

Histoire

« Oh je vous en prie, appelez moi Béatrice. Tout a commencé quand… »

D’ordinaire, les gens ont le regard fuyant lorsqu’ils cherchent dans leurs souvenirs, dans ce qui a pu les marquer, forger leur caractère. Pourtant, elle ne détourne pas les yeux une seule fois, si ce n’est pour parcourir une feuille d’accusés qui traîne sous sa main, qu’elle range méthodiquement dans un tiroir signalé par une petite étiquette entourée d’étoiles bleutées. Son bureau est sobre, détonne profondément avec cette personnalité rayonnante, mais garde son excentricité sur de petits détails superficiels. Béatrix aime sa façon d’être, néanmoins elle se rend bien compte de la non compatibilité avec son travail. Elle commence alors son récit, avachie dans son fauteuil, une tasse de café entre les mains, touillant régulièrement dans le breuvage pour en récupérer le sucre.

« J’ai été éduquée dans une famille assez conservatrice, si je puis les qualifier ainsi. Ma mère était gouvernante, mon père… ». Ses yeux se plissent légèrement. « Aimait rendre toutes sortes de service à qui voulait bien le payer. ». Un petit rire s’échappe de ses lèvres. « En tout bien tout honneur pour la majeure partie, ne vous en faites pas. ». Après un léger silence, elle reprend plus sereinement. « Je ne vais pas vous raconter une enfance larmoyante, j’étais plutôt gâtée si je dois être honnête. Pourrie gâtée, même. Mais vous savez ce qui arrive aux enfants à qui on se donne corps et âme : ils nous le rendent rarement, et si vous tendez le doigt, ils prendront le bras. Je n’ai pas fait exception à la règle. J’étais jeune et insouciante. Enfin, comme aujourd’hui en fin de compte. ». Vous remarquez qu’elle continue de remuer son café sans jamais y tremper les lèvres, comme une sordide habitude dont elle n’arrive à se défaire.

« Ils ont commencé à me refuser beaucoup de choses, je suis devenue de plus en plus virulente. Je n’ai jamais usé de violence face à eux, je savais trouver les arguments, la manière de retourner leurs mots dans le sens qui m’arrangeait. Beaucoup me voyaient à ce moment-là comme une manipulatrice, et je ne peux pas réellement leur en vouloir. Je voulais avoir de nouvelles expériences, et lorsqu’ils m’ont annoncé un voyage à Stonehaven, je ne pouvais pas réellement dire que j’étais ravie. ». Elle souffle enfin sur le contenu de sa tasse et se prépare à en avaler quelques gouttes. « J’avais environ vingt ans quand nous sommes arrivés. Je m’étais dirigée, lors de mes études, vers du droit. J’aimerais vous dire que j’ai un profond sens de la justice, ce qui n’est pas faux, mais ce n’est pas du tout ce qui m’a motivé à entreprendre une telle carrière. Je voulais avoir raison, avoir les textes pour prouver que nul ne pouvait me contrer. J’étais dans un sens, et je suis toujours, anxieuse à l’idée de perdre un combat intellectuel. ». Un sourire nait sur ses lèvres, doux et chaleureux. « Le service qu’a rendu mon père était celui de trop. Je ne rentrerais volontairement pas dans les détails -ce sont des choses qui ne concernent que ma famille, quand bien même je vous apprécie, je préfèrerais laisser planer le mystère -, mais il croupit probablement dans une prison où une autre dans les environs. ». Son regard se dirige enfin vers la fenêtre, fuyant le vôtre par intermittences. Elle tente manifestement de paraître détachée de la situation, mais son corps entier la rappelle à son rôle de fille.

« Ma mère s’est installée à Fetteresso peu après son départ, et n’a cessé de parler de rituels auxquels elle voulait que je participe. La disparition soudaine de mon père eut raison de ses dernières parcelles de logique. » Vous devinez ce dont il s’agit. Elle secoue la tête. « Je ne vais pas non plus vous expliquer quelles ont été mes émotions et mon ressenti lorsque j’ai dû plonger dans l’eau la tête la première et m’y abandonner. Fort heureusement, j’ai survécu, et je dois admettre que depuis ce jour, je me sens complète, entière. ». Quelques secondes passent, dans un silence de plomb, avant qu’elle ne reprenne. Elle semble pensive, perdue. Ce souvenir la perturbe, et ce n’est pas difficile à remarquer. « Ah, et votre question, dont je me suis éloignée – et je m’en excuse -… Je suis devenue avocate pour prendre le pas sur la vie, pour décider de mon destin. ». Elle prend un air grave, puis éclate de rire. « Ou peut-être tout simplement parce que je déteste avoir tort, allez savoir ! La vie est pleine de surprises. ».

Et lorsqu’elle se lève pour ouvrir la fenêtre et laisser un peu d’air frais, vous vous inclinez. Signe de remerciement, politesse ? Vous l’ignorez, et ce n’est pas ce qui vous préoccupe. Vous quittez le cabinet peu après, la tête dans les étoiles. Vous ne pouvez pas vous sortir la disparition de son père de la tête : essaye t-elle de le protéger, de le sortir de prison? Brouille t-elle volontairement les pistes en parlant ainsi à des inconnus? Béatrix, bien qu’extravertie, regorge de mystères, telle une brume épaisse l’entourant dés qu’on l’approche de trop près.

Cela fait maintenant trois ans que vous êtes son assistant, mais cette histoire vous taraude toujours autant…

▲ Crédits : Coco de jzvbeee
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